Lorsque bébé arrive au monde, vous remarquez vite qu’il passe presque toute la journée à dormir, soit 16 à 18 heures sur 24. Cela dit, il ne dort pas d’une seule traite comme vous. Que ce soit de jour ou de nuit, son sommeil se découpe en petites périodes ponctuées de réveils pour manger. Vous devez y être particulièrement attentifs, pour le protéger, détecter tôt un problème de santé et respecter ses besoins.
Raison 1 : Pour prévenir la mort inattendue du nourrisson
Vous devez vous assurer de la sécurité de votre bébé pendant qu’il dort : surveillez son sommeil, surtout durant ses six premiers mois.
Un risque réel les premiers mois
On parle de mort inattendue du nourrisson (MIN) lorsqu’un bébé, jusqu’alors bien portant, décède brutalement, sans aucun signe annonciateur. Santé publique France estime que 250 à 350 enfants de moins de 2 ans en sont victimes chaque année. La période la plus à risque se situe entre 2 et 4 mois.
Le couchage sûr, première forme de surveillance
La MIN peut tout à fait être évitée en prenant quelques précautions. Voici d’ailleurs quelques règles à respecter pour que bébé dorme paisiblement et sans danger :
- Couchez-le sur le dos, jamais sur le ventre ni sur le côté, dans un lit rien qu’à lui, placé à côté du vôtre dans votre chambre.
- Misez sur un matelas ferme et bien ajusté au cadre du lit. Ne l’encombrez d’aucun objet : ni couette, ni oreiller, ni tour de lit, ni doudou. Pour tenir chaud à votre petit la nuit, habillez-le d’une gigoteuse adaptée à sa taille.
- Veillez à ce que la pièce où il dort ne soit pas trop chauffée : une température de 18 à 20 °C est idéale. Assurez-vous aussi que l’espace est tenu à l’écart de la fumée de tabac.
Raison 2 : Pour détecter tôt un problème de santé
Savez-vous que certains problèmes de santé ne se révèlent que pendant le sommeil, alors qu’ils passent totalement inaperçus en journée ? Alors, comment les détecter ?
Les signes qui doivent alerter
Prêtez attention à la respiration de votre bout de chou. Des pauses respiratoires trop longues ou trop fréquentes, tout comme des ronflements forts, constituent des indices qui doivent vous alarmer. Un bébé qui transpire beaucoup ou qui peine à sortir du sommeil, contrairement à son habitude, doit vous faire réagir rapidement. En cas d’urgence, c’est-à-dire si votre nouveau-né devient très pâle, gris ou bleu, s’il est mou ou s’il ne respire plus, appelez tout de suite le 15, le numéro du SAMU, ou le 112.
Quand consulter ?
En cas de doute, n’hésitez pas à consulter le pédiatre. Emportez à ce rendez-vous les notes de vos observations, c’est-à-dire l’heure des épisodes, leur durée et le nombre de fois où ils surviennent chaque nuit. Grâce à ces informations, le professionnel peut identifier plus rapidement la cause du problème, qu’il s’agisse d’un reflux gastro-œsophagien, lorsque le lait remonte de l’estomac vers la gorge, ou d’un trouble ORL, comme des végétations ou des amygdales trop volumineuses qui gênent la respiration de bébé.
Raison 3 : Pour respecter les besoins liés à son développement
Sachez que le sommeil est un moteur de croissance, et mieux le connaître vous aide à accompagner bébé dans son développement.
Le sommeil, essentiel à la croissance
Votre bébé grandit et se développe pendant qu’il dort, car c’est durant ce moment que son organisme produit l’hormone de croissance, et que son cerveau poursuit sa maturation en enregistrant tout ce qu’il a appris dans la journée.
Ne vous inquiétez pas si son sommeil semble agité. Les grimaces, les petits bruits et les mouvements des yeux sont caractéristiques du sommeil paradoxal, qui constitue environ la moitié de son sommeil au cours de ses premières semaines.
Repérer ses rythmes et ses signes de fatigue
La durée de sommeil varie en fonction de l’âge. Un nouveau-né dort de 16 à 18 heures sur 24, un bébé de 3 à 6 mois autour de 14 à 15 heures, et un enfant de 6 à 12 mois environ 12 à 14 heures, en comptant les siestes. Avec ces données, vous saurez si votre bébé dort suffisamment et comment adapter ses siestes.
Il est aussi utile de reconnaître les signes qui montrent qu’il est fatigué : il bâille, se frotte les yeux, a le regard perdu ou devient grognon. Vous pouvez le mettre au lit à ce moment-là pour qu’il s’endorme plus facilement.
Enfin, puisqu’il apprend progressivement à distinguer le jour de la nuit durant ses premiers mois, offrez-lui une ambiance lumineuse et animée le jour, calme et tamisée la nuit. Vous l’aiderez ainsi à trouver ses repères.
Babyphone et moniteurs : quels outils utiliser ?
Pour garder un oeil sur bébé pendant son sommeil, les parents peuvent aujourd’hui utiliser des outils de surveillance. Ils doivent cependant connaître aussi leurs limites.
Le babyphone, un allié pratique
Il se décline en différents modèles : audio, vidéo ou doté d’un capteur de mouvement glissé sous le matelas. Il permet d’écouter ou d’observer bébé depuis une autre pièce, aussi bien pendant la sieste que durant la nuit. Sur le marché, des marques spécialisées en puériculture, comme la française Béaba, présente depuis une trentaine d’années auprès des jeunes parents, proposent des écoute-bébé audio ou vidéo pour s’adapter aux besoins de chaque famille. Pour en profiter pleinement, il est important de bien choisir son babyphone vidéo selon ses besoins. Toutefois, cet appareil ne remplace ni le couchage sécurisé ni l’attention des parents : c’est seulement une aide supplémentaire.
Les moniteurs connectés, une fausse sécurité ?
De nombreux objets connectés, comme les chaussettes, les bracelets ou les clips, prétendent suivre la respiration ou le rythme cardiaque de bébé. Toutefois, aucune étude n’a prouvé leur efficacité contre la mort inattendue du nourrisson, et les sociétés savantes de pédiatrie ne les préconisent pas pour cet usage. Ils risquent même de vous rassurer à tort, ou au contraire de vous angoisser en cas de fausse alerte. La meilleure protection reste l’application des règles du couchage sûr, et l’avis du pédiatre en cas de question.

